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Actualités CULTURE et TERRITOIRES

    Agence d'ingénierie culturelle

    Modalités d’accompagnement
    Comprendre les approches

    GUIDE CULTURE ET DÉVELOPPEMENT RURAL

    Nous avons eu le plaisir en 2021, pour le compte du Réseau national rural (RRN) en partenariat avec l’ANCT et le ministère de la Culture, de réaliser une étude nationale ayant conduit à la rédaction du guide « Culture et développement rural ».

     

    Celui-ci propose des repères méthodologiques aux élus et porteurs de projets culturels et touristiques en milieu rural. Fruit d’une étude exploratoire menée auprès de 30 projets, il livre une réflexion approfondie sur le rapport entre dynamique culturelle et développement territorial.

     

    Il est téléchargeable sur notre page « ressources » ou à l’adresse suivante :

    https://www.reseaurural.fr/centre-de-ressources/actualites/culture-developpement-rural-guide

    Sortie du livre Politiques et gestion de la culture – Jean-Michel Tobelem ; Armand-Colin ; 2024

    Tenant compte des réalités du monde de la culture à l’échelle française et internationale, l’ouvrage propose une problématisation et une typologie inédite des politiques culturelles.

    Dans ce texte, qui est la quatrième version d’une analyse réactualisée depuis 20 ans, Jean-Michel Tobelem tire les enseignements de la crise de la Covid pour le secteur de la culture, met en perspective les politiques de développement durable, propose une utilisation raisonnée du numérique et offre une méthode inédite d’aide à la décision dans le monde de la culture (matrice PERFS).

    Son approche globale permet de donner un sens à la recherche de nouveaux modèles de développement culturel à une époque où il faut bien reconnaître les limites rencontrées par les politiques de démocratisation de la culture.

    Il en profite pour interroger le bien-fondé des augmentations tarifaires marquant le secteur culturel, tout en interprétant la crise de recrutement que connaissent les institutions qui en sont chargées. Dans ces différents registres, il ne manque pas d’avancer des pistes de solution.

    Vu le contexte, c’est le moment… !

    Temps de réflexion réservé aux directions et aux élus des collectivités ; une journée sur mesure par Jean-Luc Pouts et Jean-Michel Tobelem

    Tension budgétaires inédites, conséquences de la crise sanitaire sur les comportements, ressources humaines en question dans les établissements culturels, poids du patrimoine sur les budgets, incertitudes quant aux politiques de l’État, les sujets de questionnements n’ont jamais été aussi nombreux et les marges de manœuvre aussi étroites.
    Voilà pourquoi, pouvant tirer profit d’une trentaine d’années d’expérience sur des terrains des plus diversifiés, nous vous proposons de nous arrêter quelques heures avec vous pour faire un point stratégique (lors d’une journée d’échange à la suite de laquelle une note peut être fournie). Un temps de réflexion donc, pour tenter d’identifier, dans un esprit de prospective et par une approche la plus globale possible, un espace dans lequel avancer pour redonner de l’air et du sens à votre politique locale de la « culture » au sens large, de l’éducation et du lien social, entre autres. Si nécessaire, nous pourrons en profiter pour aborder cette grande question de l’intercommunalité culturelle avec tout ce qu’elle implique en matière de partage de compétences, de sensibilisation des élus, de recherche de cohérence et d’économie, entre autres.
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    Les territoires de montagne en alerte

    Ces derniers mois, certains territoires de montagne nous ont manifesté leur souhait de réfléchir plus stratégiquement à un avenir sans neige. Un lien avec le patrimoine et la culture ?

    Les faits sont là ; le chemin que prend le climat apporte bien des inquiétudes à toutes les vallées dont l’économie repose en grande partie sur le tourisme hivernal. Sauver une saison après l’autre relève d’un défi bien connu. Mais à plus long terme, est-il raisonnable de continuer à investir dans des infrastructures qu’il faudra peut-être démonter dans dix ou vingt ans ? Comment penser le développement des territoires de montagne à mesure que l’enneigement se fera de plus en plus aléatoire ? Comment entreprendre une rénovation progressive de l’offre touristique sans attendre qu’il soit trop tard ? Comment valoriser votre capital patrimonial dans le cadre de nouvelles trajectoires d’investissement et aux côtés des moteurs alternatifs de l’économie locale ? Entouré de trois universitaires réputés dans leur spécialité (géographie, prospective territoriale, gestion du patrimoine), Jean-Luc Pouts vous propose une démarche inédite visant à avancer de manière réaliste vers un horizon tenable. Grâce à une méthode très rigoureuse, il vous sera possible de solidariser les élus de votre territoire autour d’une réflexion partagée visant le moyen/long terme, tout en organisant votre action à court terme de sorte d’amorcer rapidement une trajectoire anticipant sur les événements à venir.

    Un nouveau service pour les petites collectivités

    Constatant sur le terrain un besoin auquel les Petites Villes de Demain et les EPCI ruraux ne peuvent répondre faute de ressources humaines adéquates, nous avons mis au point un ensemble de solutions pré-opérationnelles.

    La mise en œuvre des projets envisagée par les territoires ruraux pour concrétiser leur stratégie de redynamisation (dans le cadre par exemple des convention ORT) se heurte bien souvent, dès qu’il s’agit de projets à valeur culturelle, à une absence ou une insuffisance de ressources humaines (à l’exception des chargés de mission PVD).

    Voilà pourquoi nous proposons, entre le temps de la définition de projets et le temps de la pleine réalisation, une prestation d’accompagnement opérationnel et de formation. Pour aider les « polarités » bénéficiant ou non du dispositif Petites Ville de Demain, nous avons constitué une équipe de collaboratrices compétentes, aussi bien dans la compréhension stratégique de la politique de développement, que dans la production, le suivi et la gestion des projets culturels qui viendront en partie la concrétiser. Dans tous les domaines de la culture et du patrimoine, elles pourront accompagner vos agents (tout en les formant et en leur transmettant les outils adéquats). Il peut s’agir du lancement d’une « saison culturelle », d’un programme de co-construction entre associations, d’un plan d’éducation artistique et culturelle ou encore l’ouverture d’un équipement sur lequel vous comptez pour dynamiser votre commune ou votre territoire. En bénéficiant d’une formule sur-mesure, vous pourrez ainsi passer à l’action tout en formant vos personnels, qu’il s’agisse de programmation artistique, de communication, de recherche de financements, de suivi budgétaire, de mise en réseau des acteurs ou encore l’organisation logistique.
    Sans forcément avoir à déléguer la mise en œuvre de vos projets à des tiers, vous trouverez ainsi un soutien technique vous permettant, de surcroît, de prendre le temps de tester vos initiatives et de les évaluer avant d’aller plus loin.

    Pour y voir plus clair

    Saralou Metsch, ancienne directrice de la culture, vous propose des sessions de réflexion partagée pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants de sujets traversant les politiques culturelles ; qui parfois relèvent de notions encore complexes et qu’il est prudent de replacer dans leur contexte historique.

    Qu’il s’agisse d’accompagner votre commission « culture » dans son raisonnement, d’assister votre service Culturel dans sa recherche d’innovation ou encore d’éclairer votre Exécutif, il peut être profitable de revenir sur le sens de certaines notions et d’en expliquer les conditions et les perspectives. Si des concepts tels que « éducation artistique et culturelle », « tiers-lieux », « éducation populaire », « Droits culturels », « démocratisation culturelle », « écosystème de filières » sont parmi les notions permettant de penser autrement l’action publique, ils peuvent également susciter une certaine méfiance à l’égard d’un « jargon » et de son effet de mode. Pour éviter qu’elles ne se confondent, pour comprendre leur réelle portée et pour s’en inspirer en faveur de votre politique publique, Saralou Metsch vous propose, avec l’appui possible d’un membre spécialisé de notre équipe, d’intervenir dans votre collectivité pour faire le point sur les notions vous posant encore question. Nous étudierons comment réaliser cette prestation de sorte qu’elle s’inscrive à bon escient dans votre projet (comme nous le faisons régulièrement pour les notions illustrant l’évolution de la lecture publique ou encore des politiques du patrimoine, notamment).

    Missions et enseignements 2024

    Depuis trente ans que nous sillonnons la France, nous apprenons encore autant que nous aidons à construire des solutions aussi singulières que le sont les contextes locaux. Il est bien normal de partager les problématiques qui se sont encore présentées ces derniers mois de manière inédite. En voici un extrait :

    • Comment, dans une grande région, opérer le « rapprochement entre deux FRAC » (fonds régionaux d’art contemporain) pour mieux investir le territoire et sensibiliser les personnes les plus éloignées ; tout en conservant l’identité de deux institutions fortement et spécifiquement ancrées dans leur contexte local ?
    • Comment, dans un espace intercommunal de montagne récemment recomposé, définir une stratégie de développement culturel s’appuyant sur les bibliothèques ? Comment organiser les responsabilités dans le bloc local, tandis que les leviers de la revitalisation restent nuancés en fonction des bassins de vie ? Comment réorganiser en conséquence la médiathèque intercommunale ?
    • Comment établir des liens plus efficaces entre bailleurs sociaux, collectivités locales et grandes institutions culturelles au profit des projets culturels inscrits dans le cadre de la politique de la Ville ?
    • Comment territorialiser une politique culturelle départementale face à un paysage intercommunal transfiguré et à une forte disparité des ressources, des potentiels et des politiques culturelles locales ?
    • Comment penser et coconstruire un projet culturel de territoire au profit d’un espace intercommunal soumis à de profondes transformations démographiques et sociologiques et ne disposant que de deux petites polarités ne pouvant ni réunir ni supporter seules le poids des services dont on a besoin pour tirer profit d’un nouveau potentiel ?
    • Comment faire d’un ancien hôpital à forte valeur patrimoniale un pôle culturel pouvant répondre à de réels besoins intercommunaux, tant en matière d’enseignements artistiques que d’interprétation du patrimoine, tout en permettant de requalifier le centre historique de la ville centre ?
    • Comment aborder, dans une ville moyenne, la réhabilitation d’un équipement voué au théâtre dans ses dimensions de création et de formation, cela dans un cadre très complexe (croisement avec projets intercommunaux et politiques départementales et régionales) et un contexte de budgets contraints ? Et comment organiser les complémentarités tout en choisissant un mode d’animation et de gestion approprié et tenable ?
    • Comment définir, conjointement à une équipe d’architectes, les fonctions d’un équipement à rénover et dont les nouvelles vocations et caractéristiques matérielles devront anticiper la périurbanisation en cours dans un territoire jusque-là tout-à-fait rural et dont l’offre repose en majeure partie sur l’initiative associative ?
      Si vous étiez intéressés pour en savoir plus, nous partagerions volontiers ces expériences renvoyant pour la plupart à des sujets pour certains d’ampleur nationale (ce partage est toutefois soumis à l’accord des maîtres d’ouvrage concernés).

    Autres sujets d’actualité

    Éducation populaire et culture
    Nous nous sommes réjouis en mai dernier d’apprendre le projet de Rachida Dati, ministre de la Culture, de « recoller » les morceaux entre « culture » et « éducation populaire » ; une longue histoire. Constatant sur le terrain l’importance du travail des MJC et autres démarches pilotées sous l’égide des fédérations, nous n’avions cessé, lors de travaux réalisés au plan national, de témoigner de la nécessité de réincorporer l’action de ces structures dans la manière de penser une politique culturelle (Cf. Guide Culture et développement rural). Dans le contexte politique et budgétaire de ce début d’année 2025, nous verrons bien comment pourront s’organiser les Comités Régionaux d’Éducation Populaire et se concrétiser les conventions Culture – Éducation populaire. Et c’est ainsi que l’on pourra définir une manière appropriée d’intégrer cette perspective retrouvée dans la définition des politiques culturelles que nous accompagnons.

     

    Tiers-lieux et lieux hybrides en milieu rural
    On se plait souvent à rapporter quelque expérience réussie ou « inspirante » marquée par la création d’un tiers-lieu ou autre endroit matérialisé par le souci de jouer de « l’hybridation » pour mieux épouser les besoins locaux. Depuis en effet que les bistrots ont disparu des campagnes, les dernières décennies ont vu éclore des initiatives dont certaines se sont révélées porteuses de dynamique sociale et de renouveau local. Mais peut-on en faire une recette miracle ? Avec le recul, on pourra se méfier de l’effet de mode et, surtout, continuer de réfléchir pour inventer, au cas par cas, un outil d’intérêt général pouvant à la fois répondre à des besoins matériels réels et stimuler le goût du commun (un aspect moins tangible). Bien consciente des multiples aspects du sujet et des précautions qu’il implique, notre équipe se tient à votre disposition pour tout projet de ce type (Quels intérêts ? Quel récit ? Quelles conditions matérielles ? Quel modèle économique ?…)

    Trouver de l’aide à distance

    Vu la situation sanitaire en ce début 2022, nous prolongeons encore un peu notre proposition de travailler à distance sans attendre que l’on puisse bientôt et sans risque organiser réunions, entretiens en tête à tête et session de formation. En ces temps de début de mandats municipaux et de fragilisation du secteur culturel (nécessitant de trouver des solutions appropriées), nous nous tenons à votre service. L’outil visioconférence permet de rester réactif et d’être en contact étroit au fil des nécessités.

    De plus, ne pouvant prévoir les prochaines sessions de formation, nous vous proposons ci-après un peu de contenu sur des sujets que nous abordons habituellement en formation.

    UN PEU DE CONTENU

    Dans la suite de cette page, vous trouverez quelques premières approches selon des thèmes que nous proposons d’aborder lors de formations-actions. Ce ne sont pas des fiches pratiques, mais une première matière à réflexion.

    COMMENT PENSER LES BIBLIOTHÈQUES eT LEURS RÉSEAUX ?

    La lecture publique désigne un domaine accepté depuis longtemps comme un « service public » visant l’accessibilité aux ressources documentaires, la sensibilisation au livre et à la lecture ou encore la lutte contre l’illettrisme.

    Sans être les seuls acteurs dans ce domaine, les bibliothèques restent au cœur du dispositif et sont vues comme les outils majeurs d’une politique culturelle. Or, il faut considérer que ces instruments, qu’ils soient associatifs ou publics, furent confrontés ces trois dernières décennies, à une série de changements (voire de bouleversements) qui les a poussés et les pousse toujours à s’adapter aux mutations technologiques, aux évolutions sociétales, aux transformations des modes de consommation culturelle et même aux vicissitudes des modes de vie.

    C’est ainsi qu’à une époque où l’on constate partout une baisse généralisée des inscriptions et des lecteurs empruntant des ouvrages, on constate en même temps une hausse des flux (passage en bibliothèque sans emprunt), en tout cas pour ce concerne les structures ayant pu se remettre en question face aux besoins spécifiques des habitants qu’elles desservent.

    C’est ainsi que les bibliothèques restent en France les premiers lieux culturels de proximité, devenant aussi, dans beaucoup de territoires, des lieux de rencontres sociales, de sensibilisation aux pratiques culturelles, des relais d’informations culturelles, des lieux de services (pour demandeurs d’emplois, écoliers, lycéens, autoentrepreneurs, etc.), voire des instruments de lutte contre l’isolement et les discriminations ; et cela dans un contexte de reconnaissance des « droits culturels » dans deux lois de la République.

    Face à un contexte extrêmement évolutif, ces établissements sont conduits à jouer des rôles allant bien au-delà du simple accès aux ressources documentaires ; des rôles à l’égard desquels les élus locaux peuvent tout-à-fait se prononcer en fonction des situations locales, qu’elles soient éducatives, sociales, culturelles, voire économiques.

    Il convient cependant d’observer qu’aux côtés de bibliothèque d’un nouveau type, se maintiennent des bibliothèques toujours imprégnées des principes des années 1980, souvent tenues par des passionnés de lecture prêts à partager leur passion mais qui, sans aide extérieure, ont du mal parfois à appréhender les profondes mutations des pratiques culturelles, des services à rendre en milieu rural suite à la dislocation des services publics et face aux changements de notre rapport à l’information et aux moyens de communication.

    Et c’est ainsi que, dans les territoires, lorsqu’il s’agit de penser « réseaux », on est conduit à organiser des objets de nature souvent très différente.

    Quoi qu’il en soit, pour fonder une nouvelle bibliothèque ou pour organiser un réseau de lecture publique, il sera une nécessité d’observer au moins deux règles : tenir compte des évolutions profondes des pratiques culturelles et du contexte local, et cela pour donner à la bibliothèque, dès ses origines, une capacité d’adaptation à son contexte local.

    Dans cet esprit, nos formations proposent de vous apporter des clés pour identifier les besoins auxquels votre future bibliothèque ou réseau devra répondre pour produire toute son efficacité.

    Car avant de penser sous l’angle du standard « bibliothèque », il conviendrait désormais d’analyser précisément l’environnement local et les services qui y sont présents ou non. Pour illustrer cela, nos formations en la matière s’appuie sur plusieurs exemples de bibliothèques ayant obtenus des résultats remarquables et se situant pour beaucoup en milieu rural et périurbain.

    COMMENT ÉVALUER LES POLITIQUES CULTURELLES ?

    Définition

    L’évaluation est une démarche dont le but est d’estimer la valeur d’une action sur le plan qualitatif et quantitatif au regard des objectifs qui lui ont été assignés. A la différence du contrôle qui est une notion de surveillance, l’évaluation repose sur la mise en place d’un dispositif complexe associant tous les acteurs concernés par l’action ou la structure à évaluer, en vue d’une amélioration.

    Différentes méthodes sont généralement utilisées en fonction de l’objet à évaluer et du type de résultats attendus.

    Quelle que soit la méthode mise en œuvre, l’évaluation permettra de mesurer les effets directs et indirects d’une action (pertinence, cohérence, efficience, efficacité) et in fine d’en apprécier le bien-fondé (son « utilité sociale »). Le dispositif établi reposera sur la création d’outils de mesure et sur des indicateurs. Ceux-là seront utilisés en regard d’objectifs fixés au préalable.

     

    Notre approche de l’évaluation des politiques culturelles

    Répondant rarement à des besoins sociaux directement exprimés par les citoyens, les politiques culturelles – au-delà des rares compétences obligatoires des collectivités – résultent avant tout d’une démarche volontariste des élus.

    Parce que les valeurs auxquelles elles font référence (curiosité intellectuelle, enrichissement personnel, capacités créatives, émancipation des individus…) sont difficiles à appréhender, en dehors d’indices permettant de supposer d’une « démocratisation culturelle », nombre d’observateurs estiment qu’il n’est guère possible d’évaluer l’impact de ces politiques.

    Ajouté au fait que l’on manque d’outils – et souvent de temps – la conséquence en est que les politiques publiques de la culture sont rarement évaluées en dehors de la mise en évidence des habituelles données chiffrées. La conséquence en est que l’on laisse ainsi le champ aux suppositions sans pouvoir vérifier le rapport d’efficacité entre investissement et impact pour les citoyens.

    Une autre raison pourrait tenir au fait que les responsables culturels sont habituellement peu au fait des enjeux de l’évaluation publique et parfois réticents à l’égard du principe consistant à « rendre compte » de leur action, au-delà de considérations de portée assez générale ; mais aussi faute d’orientations précises des tutelles concernées qui estiment nécessaire de laisser une grande marge de manœuvre aux responsables culturels pour respecter leur pratique professionnelle.

    Notre expérience nous a montré – au contraire – que cette évaluation est en grande partie possible, dès lors que :

    1. On saurait ce que l’on cherche précisément à savoir (l’objet de l’évaluation) ; en distinguant impact de la culture sur les personnes et effet de la politique sur la capacité des acteurs de terrain,
    2. On mettrait en place une méthode convenant à cette recherche précise.

    De l’objet d’évaluation va donc dépendre le type d’indicateurs auxquels on va se référer. Or, si l’on peut en théorie trouver des indicateurs correspondant à chacun de ces deux objets (action culturelle et intervention de la collectivité), il faut se dire qu’en pratique les données correspondantes sont, dans le premier cas très difficiles à obtenir (seul le sondage auprès des individus est valide), alors que, dans le deuxième cas, il est possible de les recueillir assez aisément.

    Quoi qu’il en soit, l’évaluation des politiques culturelles reste plus complexe que celles des politiques du transport ou encore de l’aide sociale pour lesquelles les indicateurs sont tangibles et identifiables, voire déjà existants.

    Une autre difficulté est que l’on ne peut évaluer une action publique qu’au regard d’un objectif préalablement et évaluable. Il est en effet des objectifs auxquels il est impossible d’associer un indicateur (il faut dire qu’en matière de culture, les objectifs sont souvent trop généraux ou trop vagues pour parvenir à choisir l’indicateur pertinent). Et nous pourrions d’ailleurs en profiter pour dire qu’entrer dans une logique d’évaluation, c’est aussi entrer dans une réflexion de fond portant sur les visées précises de ce que l’on nomme « culture », réflexion pouvant parfois réinterroger à la fois les pratiques professionnelles et l’expression politique de l’action publique.

    Résumons-nous ainsi :

    • Lorsqu’on en a la volonté, il est techniquement possible de mettre en place, au sein des services, un protocole d’évaluation. Mais cela engendrera une dynamique de changement qu’il convient de maîtriser
    • Il est indispensable de préciser l’objet de l’évaluation. Par exemple, une collectivité pourra vouloir en même temps évaluer l’impact de son action auprès des citoyens et évaluer l’impact des aides qu’il octroie à des groupes d’acteurs, deux objets s’articulant entre eux, mais restant de nature différente.
    • Pour quelle soit valide, l’évaluation doit associer, à chaque objectif, un indicateur.

    Ce trois règles, posent plusieurs questions méthodologiques et techniques que nous vous proposons d’aborder en formation.

     
     
     
     
     
     

    Reposant sur nos expériences de terrain, nos formations à l’évaluation proposent de vous familiariser avec l’évaluation des politiques culturelles

    Sont abordées les conditions particulières à respecter dans l’exercice d’évaluation et l’installation au sein de la collectivité d’une logique d’évaluation.

     
     
     
     
     

    QUELLE FORME JURIDIQUE ADOPTER POUR GÉRER LES ÉTABLISSEMENTS CULTURELS ?

    Du risque des délégations de service public dans le secteur culturel​

    Dans l’article paru sur le site de The Conversation, intitulé « Confier des lieux culturels à des acteurs privés, une fausse bonne idée ? », nous n’avons fait qu’esquisser deux difficultés posées par les délégations de service public (DSP) dans le champ culturel.

    Tout d’abord, il convient d’établir une différence de nature entre un délégataire privé à but lucratif (une entreprise) et un délégataire privé sans but lucratif (une association par exemple), ce dernier cas s’étant très souvent révélé, dans le champ culturel, davantage apte à faire coïncider l’intérêt du délégant et celui du délégataire.

    Cette distinction étant établie, il convient de rappeler que le recours à une DSP pour gérer un équipement culturel masque fréquemment l’absence ou la faiblesse d’un projet de politique culturelle dans lequel l’équipement aurait pu (ou dû) s’intégrer en tant que composante essentielle de l’action publique.

    Autrement dit, il paraît délicat d’en confier la gestion à un intervenant extérieur, avec certes la volonté d’encadrer son activité par un cahier des charges précis et contraignant. Mais dans ce cas, comment la définition des sujétions de service public peut-elle répondre au mieux à un projet culturel public devant nécessairement être défini au préalable ? Et si ce n’est pas le cas, comment s’assurer de pouvoir inscrire l’équipement ou la manifestation culturelle dans le contexte local, avec toutes ses spécificités ?

    Le choix de la DSP risque ainsi d’occasionner une perte d’efficacité de la performance publique dans le domaine culturel, éducatif et social, faute de pouvoir articuler finement les actions de cette composante culturelle avec les autres leviers de la politique publique locale.

    Dans ces circonstances, peut-on réellement penser que l’instauration d’une DSP au profit d’une entreprise légitimement préoccupée par le critère de la profitabilité puisse garantir que cette dernière va agir de façon optimale dans le sens d’un développement territorial favorable aux diverses parties prenantes ? Il suffit de constater qu’une vingtaine d’années de DSP de musées Mulhousiens à une entreprise privée n’ont pas permis à la ville de Mulhouse de s’imposer comme la destination majeure du patrimoine technique et industriel qu’elle aurait pourtant pu devenir.

    Dès lors, il est clair que le passage en DSP ne relève pas à titre principal d’une analyse juridique (alors que les collectivités font souvent appel à des juristes lorsque leur choix en faveur d’une DSP est arrêté), mais bien d’une décision de politique publique, qui doit conduire en dernier ressort au choix le plus pertinent pour l’exécution du service public de la culture, au bénéfice des citoyens.

    De même, le recours à des consultants en tourisme et loisir spécialisés dans le domaine des DSP peut ne pas présenter toutes les garanties d’indépendance et d’impartialité que l’on est en droit d’attendre d’un conseil extérieur.

    Et cela afin de s’assurer que prévaudront en toutes circonstances la primauté de la mission de l’institution culturelle et le respect des principes qui fondent l’intérêt général.

     

    Voir plus sur : https://theconversation.com/debat-confier-des-lieux-culturels-a-des-acteurs-prives-une-fausse-bonne-idee-146136

    C’est pour expliciter l’ensemble des enjeux à prendre en compte dans le choix d’un mode de gestion (culturels, économiques, managériaux, techniques et juridiques) que nous organisons, à leur demande, un séminaire d’une journée destiné aux élus et aux techniciens des collectivités territoriales.

    L’enjeu paraît important, surtout s’agissant des nouveaux élus encore peu familiers des principes qui doivent guider l’action publique dans le domaine des arts et de la culture.

    TRAVAILLER EN « MODE PROJET » AU SEIN DE L’ADMINISTRATION

    Certaines collectivités, qu’il s’agisse de Départements de Région ou encore de grands EPCI, se demandent depuis quelques années s’il serait possible de s’extraire d’une logique de travail « en silo » pour gagner en efficacité. De quelle efficacité parle-t-on alors ?

    Le monde bouge. En réalité tout bouge et les agents le savent bien. Les pratiques culturelles, les formats de la création artistique, les territoires qui se reconfigurent et agissent différemment, les acteurs de terrain dont la nature évolue, leurs actions qui s’adaptent à l’environnement social, tout cela progresse et se remodèle. C’est l’institution elle-même qui se cherche de nouvelles vocations, au grès de la recomposition du paysage institutionnel et des sensibilités politiques.

    Mais l’institution peine à se structurer aussi vite que n’évolue le contexte dans lequel elle agit. Les techniciens de la culture font face à des situations de terrain auxquels ils cherchent à répondre le plus justement possible. Des opportunités, des projets pertinents, des créations remarquables, des accidents parfois et des difficultés à palier. Les techniciens de la culture sont des agents engagés, mais souvent contraints par un organigramme ne facilitant pas l’adaptation.

    Comment offrir une réponse appropriée devant une situation inédite lorsqu’on se trouve en charge d’un segment seulement de l’action publique ? Autrement dit, comment se sentir être un bon partenaire du terrain dans un fonctionnement aussi sectorisé que celui de la culture ?  Nous parlons bien de cette manière de se répartir les compétences professionnelles en fonction des domaines de la production culturelle et non en fonction de la nature des résultats que l’on attend dans une société.

    C’est pour se départir de ce décalage parfois frappant que les services de certaines collectivités ont suggéré une autre approche, une autre manière de travailler. Il a parfois été possible d’expérimenter de nouvelles procédures, mais aussi de nouvelles postures professionnelles et même hiérarchiques. Mais qu’il est difficile souvent de faire abstraction des normes imposées par la fonction publique, quand ce n’est pas au plan politique que coince la réforme des méthodes.

    Car travailler en empruntant des chemins transversaux, c’est aller nécessairement au-delà des standards. C’est aller au contraire au-devant de solutions encore inédites. Or, sans une intégration parfaite de la pensée politique et du politique lui-même dans la démarche d’exploration, on a tôt fait de ne plus tout-à-fait parler le même langage.

    Être unanime sur le besoin de changement au sein d’une direction de la culture, se donner les moyens d’explorer ensemble des solutions de méthode, trouver les arguments pour faire accepter le changement, lever les doutes sur la faisabilité hiérarchique, trouver un objet d’expérimentation, s’assurer de l’appropriation de la démarche par le politique, trouver l’axe réglementaire pour composer avec les « dispositifs » existants voici ce qui vous attends, a minima.

    La transversalité est séduisante. Mais si vous souhaitez vous emparer collectivement d’une méthode de travail consacrant « l’objet » et non pas l’un des secteurs duquel il dépend, alors il vous faudra bâtir un édifice en commençant par bien étudier les fondations.

    Puisqu’il n’existe pas de solution toutes faite, nous proposons de vous écouter pour comprendre comment s’organise le travail au sein de votre direction de la culture pour ensuite bâtir avec vous une logique et des procédures permettant aussi de tirer profit des expériences menées par d’autres collectivités.

    Thèmes des formations
    Culture & Territoires

    • Organiser la coopération et les partenariats dans le secteur culturel
    • Construire la relation entre élu(e) à la culture, direction de la culture, responsables d’établissements
    • Associer les citoyens à la définition de la politique culturelle et aux activités des équipements culturels.
    • Penser l’articulation des politiques publiques de l’éducation, de l’urbanisme, du social et de la culture.
    • Que penser de la gratuité dans le secteur culturel ?
    • Comment définir une politique tarifaire ?
    • Décrypter les besoins de la société en matière d’enseignements artistiques pour adapter l’offre et gérer les conservatoires et les écoles de musique, de théâtre, de danse, de cirque.
    • Dynamiser son musée ; l’inscrire dans une politique du patrimoine.
    • Les enquêtes de public : comment procéder en fonction de ses moyens (même modestes) ?
    • Quel marketing pour les institutions culturelles ?
    • Comment mobiliser le bénévolat et comment travailler avec des citoyens engagés ?
    • L’aménagement culturel du territoire : quel sens lui donner ; comment procéder ?
    • Qu’est-ce qu’un équipement structurant ? Comment l’inscrire dans un projet de développer territorial ?
    • Assurer la convergence entre tourisme et culture… avec réalisme et pragmatisme.
    • Ancrage territorial des grands équipements culturels et de loisir ; tour d’horizon d’exemples frappants.
    • Développer et diversifier les publics de la culture ; par quel bout prendre le sujet ?
    • Rédiger le projet d’orientation stratégique d’un équipement culturel
    • Lever des fonds au profit des équipements culturels
    Agence politique culturelle Culture et territoire